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Date de création : 08.04.2016
Dernière mise à jour :
08.04.2016
1 articles
240 pages, 277 photos et documents, 25 euros (+ 7 euros de frais de port)
Patrice ROLLI
34 route de Neuvic
24 110 Saint Léon sur l'Isle
histoire.partage@yahoo.fr
En juin 1940, la France sombra dans le chaos après l’effondrement de son armée devant la supériorité des troupes allemandes. La partie ouest de la Dordogne fut alors occupée massivement par des soldats qui s’installèrent dans de nombreux villages.
À partir du 11 novembre 1942, ce fut l’ensemble de la zone dite libre qui fut occupée à son tour. L’armée allemande prit possession des casernes de Périgueux et de Bergerac ainsi que de l’aérodrome de Roumanière. Le Sipo-SD, la sinistre police allemande connue sous le nom de « Gestapo », réquisitionna les locaux du Crédit Lyonnais de la préfecture de la Dordogne. Ces lieux devinrent le symbole de l’oppression et de la terreur nazies.
L’année 1944 se caractérisa par la montée en puissance de la Résistance et l’intervention massive de troupes allemandes chargées de la combattre. C’est ainsi que des unités comme la division Brehmer et la 11e division blindée semèrent l’effroi dans le département en perpétrant des crimes de masse et en rayant de la carte des villages entiers. À l’emploi de la violence armée, l’occupant ajouta celle de la guerre psychologique et de la subversion orchestrées par une redoutable cellule SS de propagande qui fut chargée de semer le trouble dans les esprits.
L’auteur présente pour la première fois dans cet ouvrage de nombreuses photographies et documents inédits relégués pour la plupart d’entre eux dans les caves et les greniers d’outre-Rhin depuis près de 70 ans. Ils constituent un intérêt historique majeur pour la compréhension de ce que fut l’occupation allemande en Périgord.
240 pages, 277 photographies et documents
Patrice Rolli est diplômé en Histoire (Université Bordeaux III), Ethnologie-Anthropologie (Université Bordeaux II) et Histoire des civilisations (École des hautes études en sciences sociales, EHESS, Paris). Il est également l’auteur de l’ouvrage Le Périgord dans la Seconde Guerre mondiale et La Phalange nord-africaine en Dordogne : histoire d’une alliance entre la pègre et la Gestapo (15 mars-19 août 1944).
Introduction
Au mois de juin 1940, la France sombra dans le chaos et l’abîme. L’armée française venait de s’effondrer devant la supériorité stratégique et matérielle des troupes allemandes après une campagne éclair de six semaines qui avait mis le pays à genoux. Les Français, dont un quart de la population s’était jeté sur les routes de l’exode pour fuir l’avance fulgurante des armées allemandes, furent totalement abasourdis par le poids d’une défaite inédite dans son ampleur et dans ses conséquences. Plus d’un million et demi de soldats furent faits prisonniers, une grande partie du territoire fut durablement occupée et morcelée par l’ennemi alors que l’Alsace et la Moselle furent annexées de fait au Troisième Reich.
Hitler tenait sa revanche et, comble de l’humiliation, il avait exigé que l’armistice entre l’Allemagne et la France soit signé le 22 juin 1940 en forêt de Compiègne, dans la clairière de Rethondes, sur les lieux mêmes où avait été ratifié 22 ans plus tôt par les plénipotentiaires allemands l’armistice qui avait consacré la défaite de l’empire allemand. Pour le dictateur, l’affront du « Diktat de Versailles » était enfin lavé.
À cette défaite militaire sans précédent, s’ajouta une crise politique et institutionnelle exceptionnelle. En effet, la Troisième république cessa définitivement d’exister après que le vieux maréchal Pétain se soit autoproclamé « chef de l’État français » le 10 juillet 1940. Ce dernier, auréolé de sa prestigieuse réputation de vainqueur de la bataille de Verdun, bénéficiait de la bienveillance des anciens combattants de la Première Guerre et, plus largement, de la plupart des Français qui le voyaient comme un solide protecteur de leurs intérêts face aux lourdes exigences allemandes.
La France fut également coupée en deux par la mise en place d’une ligne de démarcation qui avait été imposée par l’occupant, créant ainsi une véritable frontière intérieure qui traversait le pays. La Dordogne fit partie des 13 départements coupés par la ligne, 10 % de sa superficie étant situés en zone occupée. C’est dans ces circonstances que les populations des villages situés dans la partie ouest, eurent à subir la présence des troupes allemandes dès la fin du mois de juin 1940. Elles durent par conséquent s’accommoder de cette présence plus de deux ans avant les autres habitants de la Dordogne, l’essentiel de son territoire demeurant alors en zone dite libre sous le contrôle direct du Régime de Vichy.
De nombreux soldats allemands possédaient à l’époque un appareil photographique de marque Rolleiflex ou Leica. Lors de la campagne de France, ils avaient sorti leurs appareils de leur boîte de masque à gaz dans lesquels ils étaient rangés et ils avaient photographié au cours de leur progression les scènes de combats et les impressionnantes ruines des villes et villages dévastés par les bombardements massifs de l’aviation du Troisième Reich. Les soldats disposaient de pellicules en abondance et ils ne se privèrent pas d’immortaliser toutes les preuves de leur victoire : avions abattus ou détruits au sol, chars détruits, colonne interminable de prisonniers. Ils manifestèrent une curiosité toute particulière pour les nombreux soldats coloniaux de l’armée française dont les clichés étaient régulièrement ponctués dans leurs albums photographiques du commentaire ironique et méprisant : « Les soldats de la « Grande Nation » ».
Les combats terminés, les soldats s’installèrent dans la plupart des villages qu’ils occupèrent. Ils se prirent alors en photos et ramenèrent avec eux ces clichés en Allemagne ou en Autriche et ils les collèrent dans des albums souvenirs. Ces clichés témoignaient du temps de l’occupation dans la tempérée « Sud-Frankreich » (France du sud) où la vie paraissait si douce en comparaison du climat continental allemand qui pouvait être rude. Tous ces soldats ignoraient qu’ils seraient confrontés un an plus tard aux froids extrêmes de l’hiver russe et que le front de l’Est où ils combattraient deviendrait le tombeau d’un grand nombre.
La présence des troupes allemande dans les villages situés en zone occupée fut massive dès la fin du mois de juin 1940. Cette présence eut un impact jusqu’au coeur même de la vie des familles, car toutes les pièces vacantes des logements furent réquisitionnées pour héberger des soldats. Les contacts, polis et courtois la plupart du temps, sans être particulièrement chaleureux furent, par conséquent, inévitables. D’autant plus que l’occupant resta assez de temps -presque un an- pour bien connaître les habitants et la vie locale. Plus ils restaient, plus les soldats s’humanisaient et se laissaient aller à des confidences au cours desquelles ils exprimaient leur nostalgie du pays et l’absence de leurs proches dont ils montraient régulièrement des photographies. Cependant quelques semaines avant l’invasion de l’URSS par l’Allemagne nazie, le 21 juin 1941, les villages périgourdins se vidèrent complètement ou en grande partie.
La deuxième phase de l’occupation de la Dordogne correspondit à l’invasion de l’ensemble de la zone dite libre le 11 novembre 1942 en réaction au débarquement des troupes anglo-américaines survenu trois jours plus tôt en Afrique du Nord. À partir de cette date, ce fut l’ensemble des habitants du département qui connut l’occupation de son territoire par une armée étrangère. Les troupes de la Wehrmacht s’installèrent alors dans les casernes de Périgueux et de Bergerac tandis que des unités de la Luftwaffe prirent possession de l’aérodrome de Roumanière. Par la suite, une compagnie de l’armée de l’air allemande fut également chargée d’assurer la protection d’une usine d’assemblage d’avions dans une gigantesque carrière souterraine à Saint-Astier.
Parmi les multiples services allemands qui s’implantèrent en Dordogne à cette période c’est le Sipo-SD, la police allemande plus connue sous le nom erroné de « Gestapo », qui se fit bientôt craindre de la population par sa redoutable activité répressive. Ses agents et ses auxiliaires français, dont des mercenaires issus de la pègre parisienne, commirent les pires crimes contre les populations civiles et les juifs.
Les événements avaient considérablement évolué depuis 1940 et le mythe de l’invincibilité de l’armée allemande était alors largement entamé après le tournant majeur que représenta la défaite de Stalingrad dans le cours de la Seconde Guerre mondiale. En France même, la radicalisation croissante de la situation ne laissait plus guère de doutes sur la prétendue correction des troupes allemandes dont les autorités occupantes avaient véhiculé l’image dès l’été 1940.
L’année 1944 se caractérisa par la montée en puissance de la Résistance et l’intervention massive de troupes allemandes chargées de la combattre. C’est ainsi que des unités comme la division Brehmer et la 11e division blindée semèrent la terreur dans le département en perpétrant des crimes de masses et en rayant de la carte des villages entiers. À l’emploi de la violence armée, l’occupant ajouta celle de la guerre psychologique et de la subversion orchestrée par une redoutable cellule SS de propagande qui était chargée de semer le trouble dans les esprits durant l’été 1944.
Le lecteur constatera un déséquilibre évident entre le nombre de photographies et de documents présentés pour la période 1940-1942 et ceux illustrant les années 1943-1944. La raison est simple car, nous l’avons dit, la majorité des troupes s’était retirée de Dordogne et des villages proches en Charente et en Gironde (dont certaines photographies sont intégrées dans cet ouvrage).
Ces documents inédits, conservés pour la plupart d’entre eux dans les caves et les greniers d’outre-Rhin depuis près de 70 ans, nous permettent d’illustrer une période particulièrement tragique pour la Dordogne. Ils constituent un intérêt historique évident pour une meilleure compréhension de ce que fut l’occupation allemande dans le département.
1- De la parodie à la tragédie… 2- L’abîme (juin 1940) 3 Le gouvernement de Vichy : Révolution nationale et Collaboration 4 L’arrivée des premières troupes allemandes à Chalais (Charente) 5- Lettre du soldat Karl Muller (Verteillac 1940) 6 La ligne de démarcation en Dordogne 7 - Une commission allemande d’armistice à Bergerac 8- L’occupation dans le canton de Villefranche de Lonchat 9- Des pionniers allemands à Lussac (Gironde) 10a - l’annexion du plateau d’Argentine (La Rochebeaucourt) 10b- L’incendie du château de la Rochebeaucourt 10 c Le soldat Lauser se souvient de La Rochebeaucourt 11 L’occupation allemande à Montpon 12 L'occupation allemande à Parcoul 13 A Saint-Séverin (Charente) : le poilu écrase l’aigle allemand 14 Vivre avec l’occupant à Saint-Aulaye (1940-1944) 15 L’occupation allemande à Vanxains 16 De la Dordogne à la Gironde dans des wagons plombés 17 L’invasion de la zone libre 18 Troupes d’occupation et forces supplétives en Dordogne 19 Le Secrétaire général de la Police René Bousquet à Périgueux 20 La montée en puissance de la Résistance 21- Des infirmières allemandes s’amusent (Bergerac) 21c Des soldats posent à la Moulette (Bergerac) 21 La base aérienne de Bergerac sous l’occupation 22 La Phalange nord-africaine : Gestapo contre Résistance 23 Les crimes de la division Brehmer 24 L’opération de ratissage du général Von der Chevallerie 25 Insurrection nationale et répression de masse 26 Sur la route sanglante de la division « fantôme » 27 Le massacre de 52 otages à Mussidan (11 juin 1944) 28 Intoxication et propagande noire en Dordogne: Opération SS Skorpion West 29 La retraite allemande (août 1944)